19 novembre 2009

Ishiguro, Kazuo

vestigesLes vestiges du jour

Résumé

Majordome méticuleux, Mr Stevens parcourt la campagne anglaise en automobile. Le ton sur lequel il nous livre ses souvenirs et ses réflexions sur la dignité de sa fonction est, à l'image de son attitude vis-à-vis des événements, parfaitement retenu. Au gré des sous-entendus d'une langue délicieusement fluide et subtile, Ishiguro dresse, au-delà du portrait de toute une classe en déclin, le bilan d'une vie apparemment ratée. Dans ce roman mélancolique en demi-teintes, Booker Prize 1989, il révèle les failles d'un homme qui a refusé de reconnaître l'amour en Miss Kenton, ancienne gouvernante à qui il va rendre visite dans un ultime espoir inavoué. Malgré sa résistance aux changements, les choses ont sensiblement évolué. Darlington Hall appartient maintenant à un millionnaire américain, les positions de Lord Darlington durant l'entre-deux-guerres sont désormais vues d'un œil réprobateur et Miss Kenton a acquis une certaine lassitude.

Maître du clair-obscur, Ishiguro ne tire pourtant pas de conclusion catégorique et laisse, en suspens, un infime espoir de bonheur à son personnage, enfin capable de pleurer et d'apprécier cette qualité de lumière qu'offre le jour déclinant, pas tout à fait disparu encore, qui traîne ses vestiges dans le ciel marin de la baie de Weymouth. --Sana Tang-Léopold Wauters

Posté par Johanne_ à 09:41 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,


Commentaires sur Ishiguro, Kazuo

  • Après un début mitigé dû à l'écriture, je suis bien entrée dans le livre. Il faut dire que ce majordome est vraiment très "british" le style est donc sévère et assez coincé. Etonnant d'ailleurs puisque l'auteur est loin d'être anglais!
    Les souvenirs sont principalement ceux de l'entre-deux guerres, on y apprend la vie du petit personnel de l'époque. C'est pertubant et parfois révoltant tant la loyauté aveugle est présente.

    C'est la première fois que je ressens une telle envie de découvrir l'adaptation cinématographique d'un livre! D'habitude j'ai hésite car c'est souvent décevant mais ici, je suis curieuse de voir comment ils ont pu en faire un film!

    Posté par Johanne_, 19 novembre 2009 à 13:35 | | Répondre
  • Un très joli moment de lecture dans l'ambiance so british de l'Angleterre des majordomes et des gouvernantes.
    Une vie de totale abnégation, au nom de la "dignité".
    J'avais vu et bcp aimé le film de James Ivory à sa sortie en 1994 avec un Anthony Hopkins et une Emma Thompson magnifiques et pourtant en lisant le roman, ce sont les personnages de la magnifique série de la BBC Downton Abbey que j'avais à l'esprit.
    Toujours bcp de plaisir pour ma part à lire et voir des oeuvres de qualité sur l'aristocratie britanique du début du siècle.
    Ce roman n'a pas failli, je lui mets un grand ++++.

    Posté par sosoperi, 25 février 2012 à 23:50 | | Répondre
Nouveau commentaire